il eut été dit qu'en cette nuit du 27 juillet 1992, un être viendrait a la vie et commencerait une vie pour le moins étrange.



Un organe respiratoire peut être trop faible, une machine cerebrale peut être trop endolorie. L'air se dégrade, se raréfie. Hémoragie cardiaque. Quelque part c'est lutter pour rien , lutter pour atteindre des rêves trafiqués, vision décalée de la réalité. Mon bidule cardiaque devient trop misérable, trop désordonné, les battements irréguliers me donnent des haut le coeur et je régurgite mes bronches tellement souvent que ma gorge perd sa sensibilité. Les cigarettes disparaissent dans mes poumons, les feuilles de papier gribouillées avec acharnement s'empilent sur ma table basse, les bouts de porcelaines cassées jonchent le sol et ajoutent a ce décors si singulier , une touche de décadence soigneusement travaillée. Les photos abandonnées dans un livre poussièreux, laisse tomber des larmes sur le papier huileux , les souvenirs me poignardent les yeux. Il fut un temps ou j'avais du charisme, ou le crayon noir que j'appliquais sur ma paupière me grandissait et luttait contre mon visage encore enfantin. Maintenant le maquillage me fait ressembler a une vieille putain mal habillée qui éxhale une odeur de tabac froid. C'est peut être mieux comme ça . La schizophrénie me guette, la marionnette névrosée reprend le dessus. La guitare désacordée gise dans un coin de ma chambre, me sert de porte manteau, comme tout ce que j'ai entrepris elle sert a présent de décoration superflue. La fatigue abaisse mes paupières, tu comprends le poids qui me pèse, celui qui frappe mes épaules, celui qui m'écroule chaque jour. Tomber au sol, s'écorcher les genoux sur le bitume et ne pas pouvoir se relever. Le fardeau de cette chienne de vie, le boulet qui s'accroche a ma cheville, celui que je traine derrière moi alors que mon cadavre encore vivant, pousse des râles interminables. Je suis un cadavre errant dans une ville fantome, un assemblage de chairs, d'os et de graisses qui fournit un effort insupportable pour mettre un pied devant l'autre. Je suis en état de décomposition, mes membres sont raides. Raideur cadaverique. Il ne reste plus qu'a me nourrir des derniers morceaux d'humanité qui m'habitent et continuer a errer silencieusement
il eut été dit qu'en cette nuit du 27 juillet 1992, un être viendrait a la vie et commencerait une vie pour le moins étrange.

# Posté le vendredi 02 janvier 2009 17:04

Modifié le mardi 06 janvier 2009 08:23




C'est une overdose de conscience malsaine qui prend naissance dans son esprit plus que perturbé. L'avis des pseudos psychiatres de pacottille pencherait plutôt vers l'adjectif vulgaire, dérangé. Parce qu'un mot additionné a un autre , dans son état de décadence, donne une phrase bourrée de singularité qui hante chaque minute, ses futiles pensées désordonnées. Bordel émotionnel fugace, violence dans ses paroles refoulées jusqu'à ses doigts boudinés. J'ai les dents gatées par l'acide de mes secrets que j'ai régurgité proprement. La main devient trop molle, saisir des objets est dorénavant un éxercice de torture. Il n'y a que son cou que je pourrais serrer jusqu'à la déléctation. L'orgasme devant son éttouffement. Ma peau me gratte, me démange, il faudrait que je mue. Je souhaite me débarasser de cette envelope souillée par le contact des autres. Mon savon ne peut plus rien, il est noir de la crasse humaine que l'on a déposé sur moi. Il faut que je ferme les yeux, juste quelques secondes. Le noir de ma chambre m'est devenu trop familier et je suis lasse de l'observer a mes heures perdues ou le sommeil vient a manquer. La radio grésille, cette nuit elle fonctionnera toujours a 3h48 du matin , de sa voix chevrotante qui passe des musiques pour les insomiaques. Ou même les gens demandant conseil quand ils pensent que personne ne les écoute. Les fous sont lâchés la nuit, on les entend gémir et pleurer a la radio. Le tic tac de mon horloge m'obsède, me hante. Ma main suit le rythme en tremblant de manière imperceptible. Je l'entend toutes les nuits, mon coeur calque le mouvement. Il fut un temps ou ma peluche me rassurait, m'apaisait. Maintenant elle croupit dans un recoin poussièreux sous mon lit. Ou sont passés les monstres qui menaçaient de surgir de mon placard. ils sont toujours la et ils me guettent avec leur haleines nauséabondes. Ils leur arrivent de sortir quand ils sont persuadés que je dors. Ils posent leurs mains écoeurantes sur mon corps, me carrèssent. Si je sursaute ils repartent d'ou ils viennent a toute vitesse. Si je ne bouge pas ils poussent des râles et aprés avoir touché ma joue, retournent au placard. Mes muscles se sont étirés, mes os se sont renforcés et développé, mes nerfs également renforcés. J'ai grandis. Mais je demeure éveillée la nuit, le regard mort posé sur une boite de somnifères.

# Posté le lundi 05 janvier 2009 17:08


Les yeux dans le vague , c'est devenue comme une chienne galeuse. Ridiculement flasque et dépourvue d'énergie, le crâne fracassé et l'esprit ivre de promesse. La musique repasse en boucle, expulse des notes silencieuses. La télévision s'étteint, le monde se ferme. Elle s'est mise soi même en vente, c'est un objet d'occasion au corps trop abject pour être acheté. Le jour ou j'ai découvert que je ne suis devenue qu'une vulgaire machine rouillée et dépourvue d'humanité.






I want your body to sell the used parts

# Posté le mardi 06 janvier 2009 11:18

Modifié le lundi 12 janvier 2009 09:38

les feuilles s'émiettent entre ses doigts boudinés.

Chapter I . One heart.



Sale tourne disque saturé, dont l'odeur me rapelle les valses grésillantes que tu sanglotais. Les lettres parcheminées s'entassent sur ta carcasse, papier gondolé aux endroits ou les larmes se sont écrasées. Le silence des enveloppes cachetées, l'arrière odeur de cigare qui flotte encore sur le papier peint décolé. L'horreur des photographies en noir et blanc que la pièce éxhibe sur ses murs décomposés. Celles ou les visages figés dans le temps , montrent avec une outrance éxagérée, le bonheur qu'il se forçait d'inventer. N'oublies pas. Vieille femme stupide qu'elle est devenue, humaine a la peau ridée comme des parchemins, aux yeux a demi aveugles pourtant encore capables de percer ton coeur. Il lui arrive encore de verser des larmes sur la dépouille des photographies, les bouts de papier luisant qui la ramène des millénaires en arrière. C'est comme carresser le corps d'un être cher et se dire qu'il est bien partit et qu'il ne reviendra jamais. La jeune femme somptueuse et divine dans ses sublimes habits, au bras d'un charmant jeune homme est morte, ce n'est plus ce qu'elle était. Maintenant seules ses feuilles d'écritures demeurent encore dans un vieux coffre, emplis de lettres d'amours orgueilleuses de sensualité, de pensées fugaces a jamais indomptées.. Peut être plus vivante qu'elle ne l'a jamais été.
les feuilles s'émiettent entre ses doigts boudinés.

# Posté le vendredi 16 janvier 2009 18:51

Modifié le mercredi 21 janvier 2009 14:23

Le lit était défait, la poussière s'accumulait lamentablement sur les meubles, les mégots s'entassaient dans un vieux cendrier félé. Les rideaux lourds, pendaient aux fenêtres crasseuses, il y avait aussi un piano délabré dans un coin, désacordé aux touches fendues. Un reste de repas abandonné dans une assiette peinte a la main, couverte de moisissures a présent. Le sol saccagé par des vêtements déchirés et abandonnés, une lame délaissé sur un bord de lavabo. Une vieille carte de voyage punaisée au mur comme un vestige d'humanité, avec ses écritures bien rondes " je t'aime " . Des traces de rouges a lèvres vif, dessinaient délicatement une silhouette voutée sur un miroir taché. Une photo déchirée en deux, pliée en quatre sur une table basse, laissant une personne floue abandonée par une autre jetée a la poubelle débordante de papier en tous genres. Jour d'hiver qui ne se termine jamais, le froid aux joues, je me souviens. J'écoutais La vie en rose.




J'ai toujours appris à considérer la vie comme une cigarette. Vous l'allumez du même geste, la posez sur vos lèvres sales et impures et vous tirez. Vous tirez jusqu'au jour ou vous voyez le filtre se rapprocher dangereusement de votre bouche. Au fil des années, le tabac n'a plus le même goût, plus il se fume, moins vous sentez les aromes qui avant grisaient vos sens. Et vous voyez toujours ce stupide filtre qui se rapproche inexorablement et qui commence à vous brûler légèrement les doigts. Je le vois trop proche ce filtre. J'ai trop tiré sur ma clope. Et bien déjà jeune, j'étais une grande, une très grande fumeuse.

# Posté le mardi 20 janvier 2009 15:01

Modifié le jeudi 22 janvier 2009 05:23