Un organe respiratoire peut être trop faible, une machine cerebrale peut être trop endolorie. L'air se dégrade, se raréfie. Hémoragie cardiaque. Quelque part c'est lutter pour rien , lutter pour atteindre des rêves trafiqués, vision décalée de la réalité. Mon bidule cardiaque devient trop misérable, trop désordonné, les battements irréguliers me donnent des haut le coeur et je régurgite mes bronches tellement souvent que ma gorge perd sa sensibilité. Les cigarettes disparaissent dans mes poumons, les feuilles de papier gribouillées avec acharnement s'empilent sur ma table basse, les bouts de porcelaines cassées jonchent le sol et ajoutent a ce décors si singulier , une touche de décadence soigneusement travaillée. Les photos abandonnées dans un livre poussièreux, laisse tomber des larmes sur le papier huileux , les souvenirs me poignardent les yeux. Il fut un temps ou j'avais du charisme, ou le crayon noir que j'appliquais sur ma paupière me grandissait et luttait contre mon visage encore enfantin. Maintenant le maquillage me fait ressembler a une vieille putain mal habillée qui éxhale une odeur de tabac froid. C'est peut être mieux comme ça . La schizophrénie me guette, la marionnette névrosée reprend le dessus. La guitare désacordée gise dans un coin de ma chambre, me sert de porte manteau, comme tout ce que j'ai entrepris elle sert a présent de décoration superflue. La fatigue abaisse mes paupières, tu comprends le poids qui me pèse, celui qui frappe mes épaules, celui qui m'écroule chaque jour. Tomber au sol, s'écorcher les genoux sur le bitume et ne pas pouvoir se relever. Le fardeau de cette chienne de vie, le boulet qui s'accroche a ma cheville, celui que je traine derrière moi alors que mon cadavre encore vivant, pousse des râles interminables. Je suis un cadavre errant dans une ville fantome, un assemblage de chairs, d'os et de graisses qui fournit un effort insupportable pour mettre un pied devant l'autre. Je suis en état de décomposition, mes membres sont raides. Raideur cadaverique. Il ne reste plus qu'a me nourrir des derniers morceaux d'humanité qui m'habitent et continuer a errer silencieusement



